Cet ami qui vous veut du bien

Quel est le point commun entre le Brexit, l’élection Trump, la crise des réfugiés en Europe, et le sentiment d’inéluctabilité d’une candidature le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle? La réponse se trouve à l’est, où se dessine un acteur incontournable de la géopolitique contemporaine, chantre de l’autoritarisme, qui méprise les valeurs d’égalité devant la loi, de tolérance, de pluralisme et d’opposition politique. A l’est, où se dessine un aigle revanchiste prêt à réduire en charpies la liberté individuelle au nom de la résurrection de son grand empire, qui ne connaîtrait pas de frontières.

Parmi ses tactiques, on peut compter l’assassinat et l’emprisonnement des opposants politiques, l’enfumage médiatique, et les aventures militaires destinées à distraire le peuple de la mauvaise gestion de la chose publique. La victimisation d’un peuple tiers afin de transformer en arme des flots de réfugiés ne lui est pas étranger.

Et pourtant le modèle de gouvernance qu’il propose susciterait de l’admiration, voire une volonté d’émulation pour la France et d’autres régimes occidentaux. Est-ce une forme de masochisme? Sommes-nous tellement certains que les libertés d’association, d’expression, d’entreprise, et d’opinion politique dont nous jouissons sont tellement inaptes pour encadrer la gouvernance de notre nation? Que se passe-t-il lorsque l’homme (ou la femme) providentiel(le) auquel nous confions les rênes de l’Etat se trompe de politique, en profite pour se servir dans les caisses, écarte ses opposants politiques, ou mène une traque contre ‘l’autre’ qu’il considère ennemi?

Il n’est quand même pas question de retenter l’expérience au 21e siècle des excès du 20e. Souvenons-nous de la formule de Romain Gary, pour qui, si le patriotisme c’est l’amour des siens, le nationalisme , c’est la haine de l’autre.  Il faut résister aux émotions et aux forces obscures, qui nous entraînent vers la méfiance et la division, sans pour autant s’abstenir de porter un oeil critique sur nos problèmes de société, qui sont bien réels. Mais ce n’est pas en nous désolidarisant les uns des autres que nous les résoudrons.

Cet appel à la résistance, il est voué …